Archive | septembre, 2010

Ma gelée, ce n’est pas de la piquette

29 sept

Samedi dernier, c’était jour de vendanges chez moi, en plein Montréal. C’est ainsi tous les mois de septembre. Mais que faire avec les tonnes et les tonnes de raisins récoltés? De la gelée!

La recette est bien simple, et il faut en venir à l’évidence que je ne me complique pas la vie avec les proportions et les ingrédients. Pour chaque 3 tasses de jus de raisin, j’ajoute 1 kilogramme de sucre Confi-Minute de Redpath (un sucre déjà additionné de pectine) et 1/4 de tasse de jus de citron. On ramène le tout à ébullition et on laisse épaissir pendant environ 5 ou 7 minutes. La préparation est prête lorsqu’elle fige sur une assiette froide.

Pour obtenir le jus de raisin, il suffit de mettre tous les raisins, sans les branches et les insectes idéalement, dans une grande casserole et de faire chauffer sur un feu doux. À l’aide d’une cuillère de bois ou d’un pilon à patate, on peut presser les raisins afin de les faire éclater et d’en extraire tout le jus. On passe ensuite le mélange à l’étamine ou au coton à fromage et on met les résidus au compost. Je n’aurais jamais pensé être aussi écologique dans ma cuisine!

Ma récolte? 14 pots de 500 ml. Assurément assez pour se sucrer le bec tout l’hiver.


Diagnostic : cinq choses symptomatiques d’un bon repas

27 sept

Récemment, pour préparer un repas d’anniversaire, je me suis mise au défi de créer LE plat parfait, celui dont les saveurs s’harmoniseraient à la quasi-perfection et dont la réalisation ne serait pas démesurément complexe. L’épreuve n’était pas sans intérêt, et elle était un brin ambitieuse. Cinq découvertes et autant de trucs plus tard, l’assiette était servie.

UN — Pour un effet monstre, il faut toujours prendre les mots au pied de la lettre. Concrètement, lorsqu’on nomme un plat, il faut être à la fois précis et juste assez poétique. Sans toutefois sombrer dans la condescendance. Rien ne sert de complexifier à outrance une formule qui peut s’avérer criante de simplicité. Inutile également de nommer chacun des ingrédients qui composent le plat. Ce n’est pas une liste d’épicerie qu’on rédige, mais bien un menu! À partir de ces ni trop vagues ni trop précises réflexions, j’ai donc décidé de nommer mon plat : magret et foie gras de canard aux épices, sauce aux raisins bleus et caramel de Banyuls, sur purée de pommes de terre au Riopelle de l’Isle.

DEUX — Le canard, autant le magret que le foie gras, se marie parfaitement bien avec les épices. Un mélange de cannelle, de clous de girofle, de cardamome, de muscade et d’anis étoilé, moulu à l’instant, permet de rehausser toutes les saveurs de la viande sauvage. Pour le foie gras poêlé, il suffit de mélanger une petite portion d’épices avec un peu de farine, et d’y enfariner très légèrement les morceaux. Les mêmes épices peuvent être déposées sur le magret, côté peau.

TROIS — La purée de pommes de terre, je trouve ça affreusement ennuyant. Pourtant, quand on l’assaisonne de fromage, c’est nettement mieux. Le Riopelle de l’Isle, de la Société Coopérative Agricole de l’Isle-aux-Grues, apporte un côté doux et crémeux à la pomme de terre. Ajoutez-le à votre purée, en petits morceaux, croûte comprise. Avec le beurre, le lait chaud, le sel et le poivre, la recette sera parfaite.

QUATRE — Le balsamique a été utilisé à toutes les sauces, pour les vinaigrettes et la décoration des assiettes tout autant. Question de faire différent, et de mieux marier les goûts, exit le caramel de balsamique. L’heure est maintenant au caramel de Banyuls. Pour le réaliser, il suffit de faire réduire environ une tasse de Banyuls, un vin doux naturel, additionné d’une cuillère à soupe de sucre jusqu’à la consistance d’un sirop épais. Ce caramel sera d’une belle couleur bourgogne et pourra garnir une assiette en toute simplicité, parfaitement à propos avec les viandes sauvages.

CINQ — Une sauce au beurre, c’est fantastique! LE plat parfait n’est assurément pas diète. Pour avoir une sauce onctueuse, il suffit d’y mettre un peu… de beurre. À la fin de la cuisson de votre sauce, acceptez d’y jeter une ou deux cuillères à soupe de beurre froid, en remuant au fouet. Les calories grimperont en flèche, mais le goût également.

Quand on ne se mêle pas de ses oignons…

23 sept

Pourquoi ne faire de la soupe à l’oignon qu’avec des oignons? Je me suis récemment posé cette question. Quand j’étais petite, la soupe à l’oignon était le plat par excellence préparé par mon père les dimanches midi d’hiver. Oignons caramélisés, bouillon de boeuf et cheddar fondu : quel régal et quel mets réconfortant! Mais, à l’heure des réinterprétations, je vous propose aujourd’hui de modifier un peu la recette originale pour explorer toute la finesse d’une soupe à l’oignon, version poireaux, avec quelques accents de cumin et de poivre long!

Soupe aux poireaux, gratinée au vieux cheddar

Ingrédients

  • 5 poireaux de grosseur moyenne
  • 3 pommes de terre, coupées en petits dés
  • 6 tasses de bouillon de poulet
  • 1/2 c. à thé de cumin
  • Poivre long fraîchement moulu
  • Sel
  • Croûte de parmesan
  • Beurre ou huile
  • Pain grillé (pour le crouton)
  • Vieux cheddar

Préparation

Bien nettoyer les poireaux et les émincer. Les faire suer dans le beurre ou l’huile. Ajouter les pommes de terre et laisser légèrement caraméliser. Ajouter le bouillon, la croûte de parmesan et les épices. Laisser mijoter environ 15 minutes ou jusqu’à ce que les pommes de terre soient tendres.

Personnellement, je préfère, de loin, servir cette soupe telle quelle, avec un crouton gratiné au vieux cheddar, pour une présentation de type soupe à l’oignon. Il suffit de mettre la soupe dans des bols allant au four, de garnir d’un crouton de pain et de fromage cheddar râpé. Cinq minutes sous le gril devraient suffire pour faire gratiner le tout.

Pour une crème de poireaux ou une vichyssoise (un potage servi froid), il suffit de remplacer la moitié du liquide utilisé pour la soupe par du lait et de passer le tout au mélangeur pour une texture ultra lisse.

Du thon au marlin bleu

21 sept

La planète change et, inévitablement, nous changeons nos habitudes de consommation. Le thon rouge se fait donc de plus en plus discret sur ma table. Mais comment réinterpréter la recette de tataki de thon d’une façon plus éco-responsable? Il suffit de le remplacer par le marlin bleu. C’est pratiquement aussi bon, c’est plus économique et c’est surtout plus écologique.

Les 15 principales espèces menacées selon Greenpeace :

  • aiglefin de l’Atlantique
  • bar du Chili
  • crevette tropicale
  • espadon
  • flétan de l’Atlantique
  • flétan du Groenland
  • hoki de la Nouvelle-Zélande
  • hoplostète orange
  • morue de l’Atlantique
  • mactre de Stimpson
  • pétoncles géants de l’Atlantique
  • raies et pocheteaux
  • requins
  • saumon d’élevage de l’Atlantique
  • thon

Tataki de marlin bleu en croûte de sésame, salsa de coriandre, lime et poivron orangé, crème fouettée à l’avocat et au wasabi

pour 4 portions

Ingrédients pour le tataki de marlin

  • 2 morceaux de marlin bleu
  • Huile d’olive
  • Huile de sésame
  • Grains de sésame blanc et noir
  • Sel et poivre

Préparation

Enrober les deux morceaux de marlin bleu d’un mélange d’huile d’olive et de quelques gouttes d’huile de sésame. Saler et poivrer. Rouler les morceaux dans les grains de sésame noir et blanc. Saisir dans une poêle antiadhésive à feu vif des deux côtés de manière à ce que l’extérieur soit bien grillé et que l’intérieur reste cru. Couper les deux morceaux de marlin en tranche d’environ un demi-centimètre d’épaisseur.

Ingrédients pour la salsa

  • 1/3 de tasse de coriandre
  • Zeste d’une lime
  • Quelques gouttes de jus de lime
  • 1/2 poivron orangé
  • Huile d’olive
  • Vinaigre de riz
  • Sel et poivre

Préparation

Hacher la coriandre et couper le poivron orangé en petits dés. Ajouter le zeste et le jus de lime au mélange, ainsi qu’un filet d’huile d’olive et quelques gouttes de vinaigre de riz. Saler et poivrer.

Ingrédients pour la crème d’avocat

  • 3/4 d’avocat
  • 1 c. à soupe de bouillon de poulet
  • Quelques feuilles de coriandre
  • Sel et poivre
  • Jus d’une demi-lime
  • 1/4 de tasse de crème 35 %
  • 1/4 à 1/2 c. à thé de poudre de wasabi au goût

Préparation

Au mélangeur, réduire en purée l’avocat avec le bouillon de poulet et le jus de lime. Ajouter les feuilles de coriandre, le sel et le poivre, la crème et la poudre de wasabi. Mélanger jusqu’à la consistance d’une crème fouettée. Rectifier les assaisonnements au besoin.

Au chalet, en été comme en hiver

19 sept

Des livres de recettes, j’en consomme beaucoup. J’en achète une bonne quantité tous les ans et j’en reçois quelques-uns au bureau également. Je passe des heures à fouiner dans ces ouvrages, en recherche d’inspiration et en admiration devant les belles photos.

Découvert dernièrement : le tout nouveau livre de Laurent Godbout, simplement intitulé Comme au chalet. Le chef propriétaire de plusieurs restos à Montréal — Chez L’Épicier, La Fabrique et Pied de poule, son petit dernier de la rue Saint-Denis — est maintenant mieux connu du grand public grâce à sa participation à l’émission Les Chefs! à Radio-Canada à titre de juge.

Pour les gens qui le connaissent de longue date et qui fréquentent ses restaurants, Laurent Godbout est avant tout un chef inventif, qui allie simplicité, originalité et savoir-faire. Le livre qu’il nous propose va un cran plus loin dans la rusticité : des recettes quotidiennes que l’on peut faire au chalet, en été comme en hiver. Avec ce livre, on prend le large et on décroche.

Divisé en deux parties, par temps chaud et par temps froid, l’ouvrage rassemble une soixantaine de recettes que vous pourrez réaliser au chalet, mais aussi à la maison. L’important, c’est de décrocher et d’apprécier la simplicité des choses! Ce qui ne veut pas dire, pour Laurent Godbout, de laisser tomber toute finesse, toute fantaisie. Les photos sont invitantes, juste assez personnelles et tellement appétissantes.

Mon top?

  • La recette qui ravive mon coeur d’enfant : boîtes de conserve aux petits fruits, guimauves et Caramilk
  • La recette que j’aimerais que mon chum me cuisine : tarte aux champignons à la moutarde
  • La recette parfaite pour le 5 à 7 : rondelles d’oignon croustillantes au vinaigre balsamique, mayo au sorbet à la mangue
  • La recette dont j’aimerais être l’auteure : pâté chinois d’escargots et de moules
  • La recette pour les petites bouches difficiles (lire « la meilleure recette ludique ») : cornets au poulet

Comme au chalet, par Laurent Godbout, aux Éditions de l’Homme, chez votre libraire préféré!